Alors que le parlement français risque de renforcer dangereusement le secret des affaires, l’Atelier donne la parole à James Dunne, un citoyen qui a révélé les secrets délétères de son employeur, l’entreprise Qosmos spécialisée dans la surveillance numérique.
C’est l’histoire d’un « simple citoyen ». James Dunne a travaillé pendant des années pour Qosmos, une entreprise française spécialisée dans l’inspection profonde des paquets numériques ou DPI. Dès 2007, il se dit que cette technologie peut être utilisée à des fins d’espionnage. Qosmos l’assure du contraire à plusieurs reprises, mais James Dunne continue à douter. En 2009, il copie des documents internes et les cache derrière son canapé.
En 2011 puis 2012, la presse révèle que Qosmos a participé à au moins deux programmes de surveillance de masse pour le compte de dictatures sanguinaires : « Eagle » pour la Libye de Kadhafi et « Asfador » pour la Syrie d’Assad. James est sous le choc. Il arrête de travailler et communique ses documents au site Mediapart, à la Fédération internationale des droits de l’Homme puis à la justice française. Fin 2012, il est licencié.
Pendant quatre ans, James Dunne affronte des procès en diffamation, une dépression et des difficultés matérielles. Il remporte toutes ses batailles judiciaires, finit par retrouver un emploi et peut aujourd’hui se reconstruire une stabilité. Il témoigne au micro de Léo Caravagna.

A voir et à lire :

Le témoignage de James Dunne sur France 24, en juin 2013.
L’article partagé par James Dunne sur sa page Facebook, « Le DPI est-il une arme ? »
L’interview du PDG de Qosmos Thibaut Bechetoille par Fabrice Epelboin de Techtov.tv. et Olivier Laurelli de Reflets.info.
« Foreign Firms Aided Libyan Spies », le premier article mentionnant le programme Eagle publié dans le Wall Street Journal le 30 août 2011.
Le livre de chevet James Dunne en 2011, le Journal de l’auteur américain et penseur de la désobéissance civile Henry David Thoreau.
Le blog de James Dunne sur Mediapart, où il raconte l’affaire et publie en intégralité les documents lus au micro de l’Atelier des médias.