On a tendance à penser que les réseaux sociaux ont un impact néfaste sur notre santé mentale : dépendance, anxiété, dépression, … Les chefs d’accusation sont nombreux. Mais, ces mêmes plateformes permettent aussi à certaines personnes fragiles de s’accrocher pour ne pas plonger.

On parle souvent des effets négatifs des réseaux sociaux. Certains sont connus, mais ces mêmes réseaux peuvent aussi être des alliés de notre santé mentale.

Dans cet Atelier des médias, on diffuse le témoignage de Léo, un jeune homme diagnostiqué dépressif. Il en parle régulièrement sur Twitter à ses plus de 5 000 abonnés. Tweeter l'a aidé dans son parcours, lui permettant de se constituer une solide base d’amis qui l’ont compris et soutenu.

Il y a aussi des gens qui se sentent isolés et pour lesquels des solutions se créent en ligne grâce à des personnes ressources. Depuis juin 2019, Anna anime le compte Instagram @balancetontrouble. Elle y relaie des témoignages de personnes atteintes de troubles de la santé mentale qui veulent partager leurs expériences quotidiennes.

En mai 2017, une étude de l’agence de santé publique britannique dressait une liste des effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale. D’abord le manque de sommeil, qui affecte notre efficacité de jour et nous pousse à avoir une mauvaise image de nous-mêmes. Ensuite, le culte de l’image qui affecte la vision que nous avons de notre corps. Puis, est apparu ce qu’on appelle le FOMO, pour Fear of missing out, littéralement la peur de rater quelque chose. Cela affecte notre attention en nous empêchant de nous déconnecter totalement, mais surtout nous rend encore plus anxieux.

Psychologues et psychiatres sont parfois consultés lors de troubles de la santé mentale. Jean-Victor Blanc, psychiatre à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris et auteur de Pop et Psy (Plon, octobre 2019), ne déconseille pas l’usage des réseaux sociaux pour les personnes atteintes de troubles de la santé mentale. Il rappelle même que toute une culture web consacrée à l’anxiété ou à la dépression est apparue ces dernières années. Ce qui est plutôt positif.

Reportage : Colin Gruel

Réalisation : Simon Decreuze