Dernière émission, cette semaine, de notre série consacrée au Festival International de photojournalisme Visa pour l’image.

Cette année, nous avons tenté de couvrir cette rencontre, d’une manière un peu différente des éditions précédentes. Nous avons souhaité vous raconter des histoires, des parcours de vie, des combats comme celui de Maryvonne Lepage, mère de la photographe Camille Lepage.Vous pouvez réentendre ces émissions en vous abonnant au podcast de l’Atelier des médias. Je vous suggère d’ailleurs d’ajouter à votre téléphone une application dédiée à la baladodiffusion.

Aujourd’hui, nous vous proposons une autre histoire, celle d’un des photographes exposés cette année. Un homme d’une quarantaine d’années que rien ne destinait à la photographie.

J’ai rencontré Ferhat devant l’entrée de l’exposition qu’il propose, cette année, à Perpignan. Comme souvent quand j’ai rendez-vous avec une personne que je ne connais pas, j’avais préalablement cherché une photo le représentant pour le reconnaître. Arrivé une quinzaine de minutes avant l’heure convenue, j’espérais prendre un peu de temps pour revoir ses images de familles berbères marocaines du Haut Atlas. Son travail, extrêmement sensible, en noir et blanc, montre des vies simples, sans aucun confort, au coeur d’une montagne décharnée. Une poésie mélancolique se dégage de ses clichés qui, il faut l’admettre, entrent plus volontiers dans la catégorie photographie d’art que dans celle, plus informative et moins onirique, du photojournalisme. Arrivé en avance donc, j’aperçois et reconnais le visage de Ferhat. Je me dirige vers lui et l’aborde. Il me sourit et me propose d’aller nous asseoir à la terrasse d’un café pour faire connaissance. Séduit par son humilité, je l’écoute et l’imagine en 2000 quand il arrive à Paris, porté par l’idée de faire un film en langue berbère, pour sa grand-mère restée en Kabylie. Un projet, un rêve qu’il réalisera, à sa manière...