Atelier des médias

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L'Atelier des médias, c’est à la fois une émission de radio et un réseau social à l’écoute de l’innovation, de la société numérique et des r/évolutions dans le monde des médias. Chaque semaine, par des entretiens et des reportages, nous explorons un monde en perpétuelle mutation. *** Diffusé le samedi à 13h10 TU vers toutes cibles, à 19h10 TU vers l'Afrique, le lundi à 03h40 TU vers le monde (sauf Afrique).

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Atelier des médias - Des initiatives médiatiques en Afrique pour sensibiliser aux dangers du Covid-19

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Dans cette émission, il est beaucoup question du Sahel et notamment du Burkina Faso. Mondoblog lance « Unis contre le Covid-19 », le dessinateur de presse franco-burkinabé Damien Glez lutte contre le coronavirus par le dessin, on vous présente Jeunes Wakat une émission multidiffusée au pays des hommes intègres et les initiatives des Clubs RFI en Afrique francophone.

L’Afrique n’est pas épargnée par la pandémie de coronavirus. Si la catastrophe que certains avaient voulu annoncer n’est pas arrivée, la prudence reste tout de même de mise tant les systèmes de santé sont fragiles dans plusieurs pays du continent. 

Dans cette émission, nous mettons en valeur des initiatives média en Afrique de sensibilisation aux risques du Covid-19.

Mondoblog lance "Unis contre le Covid-19" au Burkina Faso et au Niger

Mondoblog, c’est la plateforme des blogueurs francophones de RFI. Elle est portée depuis dix ans par L’Atelier des médias. 

Ces derniers jours, avec le concours de CFI et l'appui des ambassades de France au Burkina Faso et au Niger, Mondoblog a lancé “Unis contre le Covid-19”. L'opération, coordonnée depuis Paris par Raphaëlle Constant qui nous le présente, doit durer neuf semaines. 

On vous explique tout ici.

CoronaVérif, la rigueur de scientifiques africains face aux croyances les plus folles

Les émissions de RFI sont pleinement mobilisées depuis le début de la pandémie. C’est notamment le cas de l’équipe de Priorité santé, orchestré par Caroline Paré. En plus des émissions et leurs déclinaisons numériques, elle a produit des vidéos consacrées à la lutte contre les fausses informations sur le Covid-19 en Afrique. 

CoronaVérif, ce sont des courtes vidéos en français, mandingue, haoussa et en peul, diffusées sur les réseaux sociaux, où des spécialistes du continent apportent leur rigueur scientifique pour tordre le cou aux croyances les plus folles.

Les dessins de Damien Glez s'animent sur les réseaux sociaux

D’autres courtes vidéos circulent ces dernières semaines sur les réseaux sociaux : les dessins animés avec le crayon expert de Damien Glez, dessinateur de presse franco-Burkinabé qui vit à Ouagadougou. Il est membre du réseau de dessinateurs de presse Cartooning for peace.

Sur un ton humoristique et dans plusieurs langues de la région du Sahel, ces vidéos rappellent l'importance des gestes barrières. Damien Glez nous a expliqué sa démarche, les difficultés rencontrées et ce qui lui a plu. 

L'émission multidiffusée Jeunes Wakat au Burkina Faso mise sur l'interactivité

Au Sahel, les jeunes sont majoritaires. C’est donc eux qu’il fallait sensibiliser en premier afin qu’il deviennent des alliés dans la lutte contre le Covid-19. 

L’Union nationale de l’audiovisuel libre du Faso (Unalfa) produit une émission appelée Jeunes Wakat. Elle est diffusée sur de très nombreuses radios partenaires à travers le pays et depuis plusieurs semaines, elle consacre des émissions spéciales en différentes langues sur le coronavirus, les infox autour du virus et le rôle des jeunes pour combattre l’épidémie.

Rachid Assade Zongo, rédacteur en chef de l’émission Jeunes Wakat, présente dans l'Atelier des médias ce programme multilingue qui est au plus proche des auditeurs, et nous dit comment il a évolué avec le Covid-19

Les Clubs RFI sont pleinement mobilisés

Pour terminer, on parle des Clubs RFI, ces associations d’auditeurs fidèles et avertis de la radio mondiale. Il y en a plus d’une centaine à travers le monde.

Ceux du continent africain se sont beaucoup mobilisés ces dernières semaines pour la prévention face au coronavirus… Et RFI appuie fortement leurs actions. 

Sébastien Bonijol, un des coordinateurs des clubs RFI, nous présente certaines initiatives.

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Atelier des médias - Coronavirus et surveillance de masse: entretien avec Olivier Tesquet

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La surveillance de masse est-elle en train de se répandre sur la planète à la faveur de la pandémie de coronavirus ? Pour en discuter, L'Atelier des médias a reçu Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, spécialiste des questions liées au numérique.

Olivier Tesquet observe minutieusement, depuis une dizaine d’années, les dispositifs de surveillance à travers le monde. C'est un travail qu'il a débuté d’abord chez Owni, un média en ligne dédié aux questions du numérique, et qu'il poursuit chez Télérama.

Son dernier livre, paru en janvier 2020, s’intitule « À la trace – Enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance » (éditions Premier parallèle).

« Avant la pandémie, on voyait déjà une accélération dans le déploiement d’un certain type de technologies » de surveillance, comme la reconnaissance faciale, notamment pour des questions sécuritaires liées au risque terroriste, explique Olivier Tesquet.

« Aujourd’hui, avec la pandémie, la santé est devenue la première des libertés et c’est un levier encore plus puissant que le risque terroriste par exemple » qui était invoqué par les gouvernements pour déployer certaines technologies de surveillance. « En raison de cette pandémie, on a une accélération assez impressionnante, assez vertigineuse, du développement de ces outils qui finalement, là en ce moment, sont en train d’être banalisés. »

« On peut avoir une vraie crainte des outils déployés en temps de pandémie à titre expérimental », avertit le journaliste qui estime que l'« accoutumance » à ces outils peut faire que l'on ait « beaucoup de mal à les défaire ». 

Une application comme Stop-Covid lancée en France contre le Covid-19, une bonne idée ?

« Aujourd’hui aucun pays n’a réussi, grâce à une application, à endiguer l’épidémie », rappelle Olivier Tesquet en détaillant les limites de l’application Trace Together déployée à Singapour. Selon lui, « on peut se poser la question de la nécessité d’une application » comme StopCovid, qui doit être lancée début juin en France. 

« J’ai l’impression que Stop-Covid est devenu un objet de communication et un moyen pour un ministre d’exister politiquement », en référence au secrétaire d’État au Numérique Cédric O. « Stop-Covid est devenu un serpent de mer. Cela ressemble à une aventure de plus en plus hasardeuse (...) une espèce de démonstration d’un savoir-faire français (...) une application 100 % Made in France, sauf que ce n’est pas de la santé publique, c’est de la communication politique. »

« Ce que je crains un peu, c’est la fuite en avant technologique, où les outils deviennent un moyen de gouverner, viennent se substituer à une politique publique », s'inquiète Olivier Tesquet. « Par exemple au lieu d’avoir une politique de la ville, on va juste mettre des caméras intelligentes dans l’espace public. »

La pandémie de coronavirus, bon moment pour se poser des questions sur la technologie

« On se rend compte qu’on peut tous tomber malade, qu’on peut tous être soumis à des mesures restrictives de liberté, et tout à coup la surveillance semble beaucoup plus familière », constate le journaliste spécialiste du sujet.

Interrogé sur le fait de savoir si la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) joue son rôle en cette période, Olivier Tesquet assure qu'« on a besoin de la Cnil en ce moment parce que de toute façon, c’est la seule autorité indépendante que l’on ait [en France] sur ces questions-là. » « Après on voit que le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel peuvent aussi se saisir de ces questions », se rassure-t-il.

La période actuelle est propice à une réflexion sur nos usages du numérique, convient notre invité. « J’ai envie de penser (...) que c’est peut-être le bon moment pour un peu mieux penser collectivement la technologie et les risques qu’elle peut présenter. »

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Atelier des médias - Pouvoir et journalistes en France: une histoire de contact et de défiance

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L'Atelier des médias a reçu Alexis Lévrier, spécialiste de l’histoire du journalisme, pour parler du climat de défiance qui règne actuellement en France entre le pouvoir et les journalistes. Dans cet entretien, il est également question d’une autre défiance, celle d’une partie de l’opinion publique contre les médias dominants, mais aussi de la crise économique qui accompagne la crise sanitaire du coronavirus et frappe durement l'écosystème médiatique.

Alexis Lévrier est maître de conférence à l’université de Reims et chercheur associé au Gripic, le laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication du Celsa - Sorbonne Université.

« Je pense qu’on est effectivement dans une phase assez critique », déclare l'universitaire qui qualifie la situation actuelle de « crise au carré très inquiétante », avec d'une part la transition numérique qui change l'économie du journalisme et d'autre part la crise conjoncturelle du coronavirus. 

Dans les périodes de crise, « il y a toujours une pression exercée sur les médias pour qu’ils acceptent de relayer une information officielle », explique Alexis Lévrier qui se félicite que les médias n'aient pas fléchi ces dernier mois en France. « Heureusement, la presse n’a pas succombé à cette tentation, parce que sinon, en plus de la crise économique, on aurait une crise morale, une crise de la confiance à l’égard de la presse et ce n’est absolument pas le cas. » Il estime que « la presse a été au rendez-vous de cette épreuve, elle a parfaitement joué son rôle et c’est pour ça que sur le long terme, on peut espérer qu’elle parvienne à sortir de cette crise économique ».

Emmanuel « Jupiter » Macron et les médias

Emmanuel Macron et ceux qui l’entourent « ne connaissent pas la presse » et les journalistes, estime Alexis Lévrier. « Ils en ont commun de ne pas avoir suivi le cursus honorum qui était celui de la politique jusque-là » et n’ont donc pas fait le « compagnonnage avec la presse » qui « oblige à composer avec le pouvoir médiatique ».

L'approche jupitérienne aurait-elle atteint ses limites ? « Le problème, c’est que le pouvoir jupitérien renvoie à une certaine pratique vis-à-vis de la presse. Jupiter, le terme avait été employé par le communicant de François Mitterrand, Jacques Pilhan, qui était quelqu’un qui revendiquait le fait d’utiliser les médias d’une manière très pragmatique mais aussi très méprisante. »

Ainsi, Alexis Lévrier rappelle que François Mitterrand avait été interviewé à plusieurs reprises par des journalistes qui étaient les femmes de ses ministres – Christine Ockrent ou Anne Sinclair. « Ce sont des choses qui seraient inimaginables aujourd’hui », estime l'universitaire.

Pour Alexis Lévrier, Emmanuel Macron a fait une « erreur » : « Il a cru qu’on pouvait revenir aux temps antérieurs, à la manière que François Mitterrand ou le général de Gaulle avaient de communiquer. Sauf que les temps ont changé, les attentes du public ne sont plus les mêmes et l’attitude des médias n’est plus la même. »

« Il y a aussi un changement du temps médiatique avec les chaînes d’information en continu qui ont besoin d’images en permanence. Le choix de raréfier la parole présidentielle, qui correspond à ce que Mitterrand voulait faire, pouvait fonctionner. (...) Ca a bien fonctionné au départ mais sur la durée cela ne pouvait pas convenir. »

Le cas Sibeth Ndiaye

En 2018, lors de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron avait utilisé l’expression « saine distance » pour parler de la relation qu'il entendait avoir avec les journalistes. Mais actuellement, « c’est plus que de la distance, nous avons de la défiance, nous avons du mépris, nous avons parfois de la brutalité vis-à-vis de la presse ».

Sibeth Ndiaye, actuelle porte-parole du gouvernement, semble cristalliser cette défiance. Elle était chargée des relations presse d’Emmanuel Macron durant la campagne de 2017. Son profil est clairement combatif. Elle assume de mentir pour protéger le président. Fait preuve de mauvaise foi, omissions régulières... 

« Sibeth Ndiaye a continué en tant que porte-parole du gouvernement à faire ce qu’elle faisait durant la campagne présidentielle : dissimuler, protéger le président. Ce qui était acceptable comme chargée de communication ne l’était plus comme porte-parole, surtout dans une crise comme le coronavirus qui a imposé partout une exigence de transparence. Face à cette exigence, Sibeth Ndiaye continue de faire ce qu’elle faisait avant, c’est à dire mentir. » Ainsi, sur les masques, « les Français ont compris assez qu’on leur mentait et que celle qui était chargée de la transparence était celle qui leur mentait le plus ».

Au final, Alexis Lévrier estime que, dans son ensemble, la presse française a plutôt bien fait son travail depuis le début de la crise du coronavirus. « La presse a compris que sa propre crédibilité et l’intérêt public voulaient qu’elle joue son rôle de contre-pouvoir, qu’elle assume sa fonction critique. Elle n’avait pas fait la même chose au moment de Tchernobyl ou de la guerre du Golfe. » Et d'ajouter : « J’ai vraiment le sentiment que la presse a su renouer le lien avec le public tout en jouant le rôle critique qui est le sien. »

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Atelier des médias - Les médias et le «monde d'après», avec l'économiste Julia Cagé

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Quels modèles économiques et de gouvernance pour assurer la survie des médias ? Comment concilier financements de l’État et indépendance des médias ? L'Atelier des médias a reçu Julia Cagé, professeure à Sciences Po Paris, spécialisée notamment dans l'économie des médias.

En 2015, elle publiait au Seuil Sauver les médias, un livre au titre plus que jamais d'actualité alors que la pandémie de coronavirus et les mesures de confinement affectent durement l'industrie des médias.

Alors que la crise du coronavirus s'ajoute aux difficultés économiques que les médias connaissent depuis plusieurs années, l'économiste Julia Cagé ne cache pas son inquiétude : « J'ai peur qu'il n'y ait plus de modèle économique pour produire de l'information au niveau local. »

Dans L'Atelier des médias, elle fait état du paradoxe actuel : une baisse brutale des revenus publicitaires et de la vente au numéro en raison des mesures de confinement et, dans le même temps, une très forte augmentation de la consultation d'information en ligne, ce qui a entraîné une hausse des abonnements numériques aux médias d'information.

Pour Julia Cagé, « l'information est un bien public » mais cela ne veut pas dire qu'elle doit être gratuite. Il faut que le coût soit pris en charge en partie par les citoyens et que, par exemple, l'État offre des abonnements à des médias de qualité aux personnes à bas revenus.

L'économiste plaide pour qu'il y ait davantage de citoyens lecteurs qui financent les entreprises de presse et de journalistes actionnaires de leur propre média. Pour que ce « bon modèle » – c'est ainsi qu'elle le qualifie – se mette en place, il faut un accompagnement financier de la part de l'État, explique-t-elle.

Julia Cagé donne aussi ses conseils à celles et ceux qui souhaiteraient créer un média par les temps qui courent : faire une campagne de financement participatif pour créer une fondation (à but non lucratif donc) avec l'ambition d'embarquer des lecteurs et les journalistes dans une aventure.

Mais elle rappelle aussi que créer une nouvelle rédaction ad-hoc est très compliqué. Aussi, celle qui est aussi présidente de la Société des lecteurs du Monde, préférerait sans doute « innover à partir d'un média existant plutôt que créer un média à partir de rien ».

L'urgence pour les médias, c'est de tout faire pour ne pas s'effondrer en raison de la crise actuelle, conclut Julia Cagé.

► À voir aussi : Julia Cagé: l'intellectuelle de gauche qu'elle voulait être

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Atelier des médias - Comment les médias français tentent de s'adapter face au coronavirus

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Philippe Couve, fondateur de Samsa.fr, un organisme de formation spécialisé dans la transition numérique des organisations, raconte comment le télétravail s'est généralisé dans les rédactions en France et les défis quotidiens des médias pour réinventer des narrations en période de confinement.

Philippe Couve, créateur de L'Atelier des médias de RFI, est actuellement confiné à Paris. Maintenant à la tête de Samsa.fr, un organisme de formation et d'accompagnement de la transition numérique des organisations, il rappelle le « paradoxe extrêmement fort » de la situation actuelle pour les médias, notamment la presse.

D'un côté, « peut-être qu'on n'a jamais dans la période récente eu autant besoin des médias pour savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. On le constate, les gens se ruent sur les sites des médias, écoutent la radio, regardent la télévision, notamment au début de cette crise, dans le chaos d'informations diverses et contraditoires dans lequel on pouvait être ». Il note des « signes extrêmement positifs » comme « des augmentations très importantes des ventes des abonnements numériques ».

De l'autre côté, les recettes publicitatires ou de diversification se sont littéralement effondrées, tombant quasiment à zéro. Aussi, de nombreux médias sont extrêmement fragilisés par cette situation. Philippe Couve estime que « certains médias vont avoir du mal à faire face à la crise qu'on traverse », rappelant la situation de Paris Normandie, en liquidation judiciaire. 

Parmi les très nombreuses bonnes choses observées dans les médias français ces dernières semaines, notre invité cite les vidéos explicatives de qualité produites par Le Monde, la rubrique de décryptage de fake news de Julien Pain dans le journal de 20 heures de France 2, le système d'entraide sociale mis en place par le quotidien Nice-Matin, le journal L'Équipe démontre tout ce qu'il y a à raconter alors même que les compétitions sportives sont à l'arrêt. Bref, la situation est foisonnante.

Et la formation des journalistes dans tout ça ?

Si la formation n'était pas une priorité au début de la crise et que la demande de formation à distance des équipes n'était pas vraiment une tendance, Philippe Couve note que la situation est en train de changer, par la force des choses.

Le dispositif de chômage partiel mis en place en France fait que les salariés peuvent être mis temporairement au chômage par l'entreprise, tout en conservant tout ou partie de leur salaire. Dans ce cadre, ils peuvent bénéficier de formations prises en charge par l'État. Et les entreprises en profitent. « On le dit souvent en faisant la blague, mais le plus fort pour faire la transformation numérique des médias, c'est pas le PDG, c'est pas le consultant, c'est pas le formateur : c'est le Covid-19. »

En tout cas, « ce que l'on est en train de vivre en ce moment porte aussi les germes de ce que vont être nos organisations du travail dans les prochains mois, les prochaines années ».

Samsa.fr organise une fois par semaine des ateliers en ligne gratuits, d'une durée d'une heure, destinés aux journalistes et communicants. Les infos sur le site de Samsa.

Le télétravail à Madagascar, bon gré mal gré

En fin d'émission, Mondoblog audio nous emmène à Madagascar, où des mesures de confinement ont également été imposées et où le télétravail s’est là aussi développé bon gré mal gré. On écoute une lecture du mondoblogueur malgache Rijaniaina Randrianomanana, du blog Gasikara, rien ne bouge.

La semaine prochaine, nous recevrons l’économiste Julia Cagé. Professeure à Sciences Po Paris, elle est notamment spécialisée dans l'économie des médias. Nous échangerons sur la situation économique, la propriété et la gouvernance des médias en France. Nous nous interrogerons aussi ensemble sur les médias dans ce que certains appellent déjà le « monde d'après ».